La santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2025. Cette priorité se traduit par la mise à disposition d’un protocole santé mentale des élèves, pensé comme un parcours « du repérage à la prise en charge ».
Ce protocole ne transforme pas tous les personnels en soignants. Il rappelle au contraire l’importance d’un circuit clair, respectueux des rôles de chacun : repérer les signaux, alerter les bons interlocuteurs, permettre l’évaluation par les personnels compétents, orienter si nécessaire, puis assurer une attention dans la durée.
Pour un CPE, cette approche rejoint le cœur du métier : présence auprès des élèves, connaissance fine des situations, lien avec les familles, coordination avec les équipes, attention particulière aux ruptures de comportement, aux absences, aux retards, à l’isolement ou aux conflits répétés.
Le CPE occupe souvent une place d’observateur privilégié. Il voit les élèves quotidiennement dans les couloirs, au portail, à l’internat, au bureau de la vie scolaire, et parfois à des moments où le masque tombe. Une baisse brutale d’assiduité, une fatigue inhabituelle, des passages répétés à l’infirmerie, des conflits soudains avec les pairs ou les personnels ou un décrochage relationnel peuvent être des signaux à prendre au sérieux.
Mais prendre au sérieux ne veut pas dire interpréter seul.
Le bon réflexe professionnel consiste donc à objectiver, partager dans un cadre adapté et respecter la confidentialité des informations recueillies. La question n’est bien sur pas : « Quel diagnostic poser ? » mais plutôt : « Qui doit être informé, avec quels éléments factuels, et comment protéger et accompagner l’élève ? »
Quelle piste en établissement :
Une équipe vie scolaire peut construire une fiche réflexe très simple, utilisable par les CPE et AED :
- ce que j’observe : faits précis, datés, sans interprétation ;
- ce que l’élève dit éventuellement : paroles rapportées avec prudence ;
- ce que je fais immédiatement : écoute, sécurisation, alerte ;
- à qui je transmets : infirmier, assistant social, PsyEN, direction, famille selon la situation ;
- ce qui doit être suivi : assiduité, retour en classe, lien avec les adultes repères.
Ce type d’outil évite deux écueils : banaliser une souffrance ou, à l’inverse, porter seul une situation qui relève d’un travail collectif. Une fiche papier à remplir préserve davantage la confidentialité numérique qu’un mail.
Ressources :
- Éduscol — Agir pour favoriser la santé mentale et le bien-être des élèves
- Notice du protocole santé mentale des élèves — juin 2025
- Ministère — Agir pour la santé mentale des enfants et des jeunes
- https://education-vie-scolaire.web.ac-grenoble.fr/sante-mentale-0/favoriser-le-bien-etre-des-eleves-le-role-du-cpe-en-faveur-de-la-sante-mentale
Intelligence articficielle

La création de cet article a été en partie aidée par l’utilisation d’une Intelligence Artificielle.
